



Instagram @alisan.reve
Son site https://sandrinealibaud.fr/
Putain de Rita, depuis le début tu veux ma peau !!!
Je m’étais dit que j’attendrais un peu avant de faire un debrief sur le livre SYLNED V1.0 SUPERNOVA de Sandrine ALIBAUD, mais comme on dit il faut battre le fer tant qu’il est chaud.
Je dirais chaud bouillant même, avec l’impression de l’avoir pris en pleine tronche, pour ne pas dire gueule.
Alors je vais essayer de rester relativement polie dans cette analyse, car fréquenter Rita, même quelques minutes, m’a replongée dans mes travers de parler comme une charretière.
Faut dire qu’elle a un langage fleuri et diversifié qui te permet de réviser tes classiques, et moi j’aime bien ne pas perdre mes acquis.
Accompagnée de son équipe de baltringues, un cyborg et un hacker qu’elle insulte à longueur de temps, avec lesquels elle joue au petit chef, elle oscille entre un caractère bien trempé avec une poigne de fer pour mener tout son petit monde, et un désespoir si grand qu’il ravage son esprit quasi quotidiennement.
Heureusement son équipe de bras cassés, qu’elle ne félicite jamais (ben oui, faire des compliments ou remercier c’est impossible chez elle, plutôt crever) est plus compétente que ce qu’elle laisse paraître.
Ne vous fiez pas à ses dires, elle sauve Rita plus d’une fois de mauvais pas. Ils me font penser aux gardiens de la galaxie, pitreries, disputes, galères et promesse de fin du monde à chaque tournant, ils arrivent tant bien que mal à créer une armée à eux trois, entre mercenaires et soldats de pacotille.
Parce que le vrai soldat dans l’histoire c’est Nils LIGENHAIL, il est dans la Corporation, dans l’équipe de ceux qui maintiennent l’ordre et la discipline, genre « La loi, c’est moi ! ». Mais lui, c’est plus du genre à défendre la veuve et l’orphelin, surtout l’orpheline Mantarside, Rita CAÏRN, donc il dénote un peu dans les rangs, et il joue souvent de son statut pour lui sauver les miches. Parfois, il ne réussit pas et un petit tour à la case prison, oblige Rita à réfléchir sur ses actions.
On pourrait croire que réfléchir n’est pas le fort de Rita, si impulsive et incontrôlable, qui préfère se battre, insulter ou tout faire exploser de colère au lieu de dialoguer et être coopérante. Détrompez-vous, elle a compris comment le monde fonctionnait dans la colonie Alpha-9 ou en résumé sous le joug des humains. Elle est devenue la reine de la combine et des entourloupes dans ce monde qui vit en castes bien régenté par le Haut-conseil.
A chaque contact, mission, elle a appris des élites et des bas-fond, développant ainsi son adaptation et son évolution. N’est-ce pas ainsi que la vie nous apprend à défier la mort qui rode dans l’ombre ?
Sous ses airs instables, ses plus grandes qualités sont une grande capacité d’analyses et de réactivité, mais elle est encore loin de connaître l’ampleur de ses capacités, au grand dam de ses adversaires.
Quand sa famille de naissance, les Mantarsides, vient la voir, c’est l’étincelle qui met le feu à la poudrière. Le mot Sylned, qu’ils lui bombardent sans cesse en télépathie, va déstabiliser encore plus son esprit, déjà bien dérangé. Elle qui n’aime personne et s’auto-détruit, lentement mais sûrement, va vivre le début d’une quête d’identité qu’elle ne soupçonne pas.
Saura-t-elle déjouer les multiples manigances, corruptions, qui gangrènent la planète et les colonies environnantes ? Sur qui pourra-t-elle compter pour prendre les bonnes décisions ? Sauvera-t-elle les Mantarsides opprimés par les humains, elle-même ou personne ? Et si les humains avaient été aussi dupés, eux qu’elle veut éliminer depuis tant d’années ? Qui est la vraie vermine ?
A coup de batailles, avec des armes, en corps à corps, de trous noirs, de boule d’énergie, de lasers, parfois fratricides entre Mantarsides, contre ses alliés, des assaillants, les oppresseurs ou son propre esprit, Rita se lance dans une lutte acharnée pour retrouver sa liberté et sa place. Les combats rythment la lecture avec une dynamique exceptionnelle, rendant les scènes presque cinématographiques, la vitesse, les détails, les sensations et les émotions sont si bien décrits qu’ils nous propulsent dans les confrontations avec réalisme et sous tension.
Derrière une histoire cyberpunk qui reprend les codes visuels, narratifs et thématiques, j’ai découvert des personnages attachiants (non, il n’y a pas de fautes d’orthographes). Je les aimais autant qu’ils m’ont agacée, réveillant chez moi des émotions qui étaient en dormance depuis quelques années. Je ne peux dire si c’est bien ou pas, mais ils ont dépoussiéré mon ancienne moi, fougueuse, colérique, blessée et revancharde. Ils m’ont cependant rappelé qu’il n’y a pas besoin de se ressembler et de s’entendre pour mener une mission ensemble. Certes il y a parfois des couacs, mais on apprend les uns des autres et surtout de soi.
Puis sous couvert d’individualisme, il arrive parfois qu’une alchimie opère pour créer une alliance avec un but je ne dirais pas humaniste, car le livre ne le permet pas, mais interstellairiste. Je sais ça n’existe pas comme mot, mais c’est pour enfoncer le clou sur le fait que ce n’est pas l’humain le centre de la cohésion, mais tout ce qui interagit de près ou de loin avec lui, au niveau interstellaire.
Il ne doit plus être le centre d’intérêt mais juste un maillon parmi tant d’autres. Il ne faut plus penser qu’à l’humain, mais aussi au vivant qui l’entoure, sous toutes ses formes connues et non connues. Pour éclaircir mon propos, il y a plusieurs siècles on croyait que la Terre était au centre du système solaire, ce concept était erroné et présomptueux, pareillement l’homme n’est pas au centre de tout. Il fait partie d’un ensemble et il doit reprendre sa place au milieu du vivant, c’est un maillon en non la chaîne (même si c’est un objet qu’il maîtrise à merveille pour asseoir sa pseudo supériorité).
Avec le temps, on peut observer qu’il n’est pas le médiateur le plus opportun dans certaines situations.
La Terre fait partie d’un ensemble bien plus grand que notre système solaire, que notre galaxie, l’homme doit redevenir humble et réfléchir à une échelle bien plus importante, il est insignifiant à l’image de l’espace.
Au fil de ma lecture j’y ai retrouvé des ambiances similaires à Avatar, surtout dans le village des natifs, peut-être pour cela je me sens plus Mantarside qu’humaine à la fin de cette lecture (après j’ai toujours dit que je venais d’une autre planète, sont fous ces humains).
Bref, j’ai adoré ce livre qui traite d’énormément de sujets, avec un ton pinçant mélangeant ironie et sarcasme mais finalement avec beaucoup de réalisme et de lucidité. Si votre esprit est bien ouvert, il pourrait vous renvoyer à votre histoire personnelle, mais aussi à des problématiques sociétales anciennes et actuelles, sur lesquelles l’humain devrait se pencher une bonne fois pour toute, pour enrayer ses cycles destructeurs.
J’ai chialé ma race à la fin, soit je suis trop sensible, trop naïve, trop utopiste ou trop tout court, mais putain Rita je t’aime. Je veux être dans ta team parce que ça dépote, ça agit et ça ne mâche pas ses mots, mais surtout ça fait du bien d’accepter sa part d’ombre et d’aller vers la lumière avec autant de fougue.
Elle est la meilleure représentation de source d’énergie incontrôlable au monde, autant sombre que dévastatrice mais aussi le point de départ lumineux d’une prise de conscience universelle. Elle est l’image parfaite d’un trou noir qui défonce tout, de la spaghettification quand elle traverse ses tourments et qu’on se frotte trop à elle et pourquoi pas la sortie vers un trou blanc, vers une autre réalité.
En attendant d’en savoir plus sur la suite, en lisant SYLNED V2.0 Bienvenue à Paradisiota, je nous souhaite de connaître Fira, celles et ceux qui auront lu SYLNED comprendront, pour les autres je vous invite à le lire dès aujourd’hui.
